Bangui, le 20 juin 2016 – A l’ occasion de la journée mondiale des réfugiés, les organisations non-gouvernementales (ONG) internationales membres du Comité de Coordination des ONG (CCO) en République Centrafricaine rappellent l’urgence de solutions durables pour les personnes déplacées et les réfugiés centrafricains.

Alors que de timides retours spontanés sont enregistrés un peu partout dans le pays, en provenance des Etats voisins, les études d’intentions de retour menées par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) affichent respectivement 70% et 90% d’intentions de retours dans les quartiers et villages d’origine pour les personnes déplacées internes.

Parmi les personnes déplacées en Centrafrique, 130 421 vivent actuellement dans des sites temporaires, 235 594 sont logées dans des familles d’accueil, tandis que de nombreuses autres vivent toujours en brousse, dans des conditions de vie déplorables. Pour ces personnes, le retour dans leurs villages ou quartiers d’origine n’apparait pas toujours comme la solution au déplacement. Leur relocalisation dans d’autres zones, leur intégration là où elles ont été accueillies ou dans un lieu proche sont également envisagées, sans oublier les milliers de déplacés qui ont déjà trouvé des solutions de réinstallation. A la diversité des situations et des besoins doit ainsi répondre une diversité de solutions durables, librement choisies, afin de permettre aux personnes déplacées et réfugiées de vivre dans la  sécurité et la dignité.

Chantal, 32 ans, déplacée du quartier Katin sur le site du mont Carmel nous dit : « Je réclame 3 choses prioritaires pour retourner vivre dans mon quartier : que ma maison soit reconstruite, qu’il y ait de la sécurité, et enfin, qu’un appui social soit présent pour nous permettre de démarrer nos activités dans le quartier ». Elle illustre ainsi certains des nombreux obstacles auxquels font face les personnes déplacées : problèmes de sécurité, dynamiques intercommunautaires,  cohésion sociale, maisons détruites ou occupées, manque de services sociaux de base, absence de moyens matériels pour reconstruire ou relancer une activité…

 

En vertu du droit international, la responsabilité première de la protection et de l’assistance aux personnes déplacées et réfugiées revient aux autorités centrafricaines. Ces obstacles qui persistent sont donc révélateurs de l’urgence d’une politique nationale encadrant les solutions durables, respectueuse des droits des personnes déplacées et réfugiées. Dans cette tâche, l’Etat centrafricain est bien évidemment soutenu par de nombreux partenaires internationaux, parmi lesquels, pour ce qui concerne les priorités que sont la sécurité, la cohésion et la réconciliation nationale, ou les aspects légaux, la MINUSCA, ou, pour l’aide humanitaire et le développement de solutions durables, les agences des Nations-unies ou encore les ONG.

« Les ONG membres du CCO s’engagent à travailler avec le gouvernement centrafricain pour une réponse coordonnée et efficace, basée sur les vulnérabilités des personnes et non leur statut, ainsi que sur les besoins des communautés et zones d’accueil, afin que l’accueil – retour, relocalisation et/ou réintégration des personnes jusque-là déplacées – soit une occasion pour l’ensemble de la communauté de bénéficier d’un renforcement des services sociaux de base, qui facilitera une réelle cohabitation et vie en commun dans la dignité », avance Eric Besse, président du CCO.

A la fin mai 2016, 418 638 personnes étaient déplacées en Centrafrique, dont 52 633 à Bangui, et 467 796 réfugiées dans les pays voisins, principalement au Cameroun (259 145 personnes), en République démocratique du Congo (112 785), au Tchad (67 265) et en République du Congo (source : HCR). Cela représente près du quart de la population centrafricaine.

ONG signataires :

Action Contre la Faim (ACF), Community Humanitarian Emergency Board International (COHEB), Dan Church Aid (DCA), Danish Refugee Council (DRC), Groupe de recherche et d’Appui aux Interventions Intégrées de Nutrition en Santé (GRAINES), Handicap International (HI), International Medical Corps (IMC), InterSOS, Lutherian World Federation (LWF), The Mentor Initiative (MI), Mercy Corps (MC), Norwegian Refugee Council (NRC), OXFAM, Plan International (PLAN), Première Urgence Internationale (PU-AMI), Save the Children (SCI), WeltHungerHilfe (WHH), World Vision International (WVI).