COMMUNIQUE DE PRESSE 

Bangui, le 20 juin 2016 – Les organisations non-gouvernementales (ONG) internationales membres du Comité de Coordination des ONG (CCO) en République Centrafricaine condamnent fermement le nouvel assassinat d’un membre du personnel de Médecins Sans Frontières, survenu le 17 juin 2016, lors d’un braquage sur l’axe Sibut-Grimari, qui fait suite à un autre décès dans des circonstances similaires le 18 mai dernier.

Cette répétition témoigne malheureusement du regain d’insécurité et de violences que connaît le pays depuis quelques semaines.

Nos organisations expriment avant tout, leurs plus sincères condoléances à la famille du chauffeur assassiné, à ses proches et à ses collègues de MSF. Notre solidarité avec eux est totale.

En portant atteinte à la vie d’un collègue, dans l’exercice de ses fonctions, c’est non seulement l’accès des populations aux services de base qui est menacé mais aussi l’intégralité des humanitaires qui est ciblée, attaquée et touchée par cet évènement tragique.

Face à la recrudescence des braquages de véhicules ou de bases d’ONG et des actes de violence perpétrés à l’encontre de nos personnels, nous rappelons les principes fondamentaux de l’action humanitaire qui nous permettent de délivrer une aide vitale aux familles centrafricaines affectées par la crise :

* Humanité : L’objectif de l’action humanitaire est de protéger les vies ainsi que de garantir le respect de la dignité de tous les êtres humains.

* Impartialité : L’action humanitaire est menée sur la seule base des besoins humanitaires, en donnant la priorité aux besoins les plus urgents, et aux personnes les plus vulnérables, sans distinction de nationalité, d’origine ethnique, religieuse, de classe ou d’opinion politique.

* Neutralité : Les acteurs humanitaires ne prennent pas parti lors des hostilités. Ils ne s’engagent pas dans des controverses d’ordre politique, ethnique, religieux ou idéologique.

* Indépendance : L’action humanitaire ne subit pas d’influence extérieure ; elle est autonome de tout objectif politique, économique, militaire ou autre. Les ONG internationales et leur personnel sont indépendants et ne répondent pas aux intérêts du pays dont ils ont la nationalité.

Nous tenons également à souligner la responsabilité des forces de sécurité intérieure et des forces internationales, notamment de la MINUSCA, dans la protection des civils. Les attaques répétées contre des humanitaires démontrent en effet, douloureusement, l’échec des mesures prises actuellement pour protéger les populations et l’accès humanitaire dans de nombreuses zones de la Centrafrique.

Nous appelons à ce que tous les moyens nécessaires soient mis en œuvre pour trouver et juger les auteurs, pour que de tels crimes ne restent pas impunis et ne se reproduisent plus.