Lorsque l’aide humanitaire ne respecte pas certains principes, les populations peuvent s’y opposer. D’où nécessité de veiller à la qualité de l’aide et l’implication des communautés.

Paradoxalement, les populations bénéficiaires peuvent empêcher l’accès humanitaire lorsque l’aide ne correspond pas à leurs besoins ou qu’elles ne sont pas suffisamment consultées et impliquées. L’accès est donc une construction conjointe entre les humanitaires et les bénéficiaires.

L’acceptation, l’autre face de l’accès humanitaire

L’aide humanitaire est soumise au principe de « ne pas nuire », ni aggraver la situation préexistante. Or, quand les populations la perçoivent comme potentiellement nuisible, elles peuvent la rejeter. En l’occurrence, des personnes n’ayant pas compris le processus de ciblage des bénéficiaires ont bloqué la distribution d’aide humanitaire. Dans ce cas, l’accès humanitaire ne peut être géré qu’avec une bonne communication communautaire.

Le retard ou la mauvaise qualité de l’aide complique l’accès

Par ailleurs, lorsque l’aide humanitaire est de mauvaise qualité ou qu’elle est retardée, les acteurs humanitaires peuvent perdre leur accès. Le cas des distributions de semences faites après la période agricole, qui démotive parfois les agriculteurs, et augmente la tension entre les humanitaires et les communautés. Même si ces défauts de qualité de l’aide sont involontaires (lenteur des procédures de dédouanement, insécurité) les tensions qu’ils suscitent peuvent compromettre l’accès.

 La participation et l’appropriation communautaire comme solution

Il est donc important d’encourager la participation communautaire pour créer un sentiment d’appropriation favorable à l’accès. Cela commence par la promotion du recrutement des nationaux. Car l’aide humanitaire doit s’adapter aux enjeux du renforcement des capacités locales et du transfert progressif des savoirs.

De plus, les communautés doivent ne plus simplement être des bénéficiaires de l’aide mais en devenir des parties prenantes dont l’une des missions serait de favoriser l’accès sans contrainte. Car les leaders communautaires contribuent à soutenir une pleine adhésion aux projets menés dans leurs communautés et à négocier l’accès humanitaire auprès des groupes armés.