COMMUNIQUE DE PRESSE

Les ONG Humanitaires relocalisent leurs équipes de BOCARANGA (RCA) suite à l’exode massif de la population civile.

 

Bangui, 3 Octobre 2017 – Le Comité de Coordination des ONG Internationales en RCA exprime sa plus vive inquiétude sur le sort des populations civiles de BOCARANGA (RCA) qui ont dû abandonner leurs domiciles pour se mettre à l’abri des violences et demande à toutes les parties concernées de permettre leur retour dans les plus brefs délais. Les acteurs humanitaires présents ont eux aussi fini par relocaliser une partie de leurs équipes du fait de l’impossibilité d’assister la population et des risques d’affrontements armés.

 

Les acteurs humanitaires ont dû mettre en sécurité une grande partie de leur personnel en raison des menaces de nouveaux affrontements et des risques qui pèsent qui pèsent sur elles. L’attaque de la ville par des groupes armés samedi 23 septembre a entrainé, du fait de la fuite de la population civile, un arrêt des activités de protection et santé, de fourniture d’eau potable, de distribution de nourriture, d’abris d’urgence et de biens non-alimentaires.

 

Cet arrêt démontre, encore une fois, un rétrécissement de l’accès humanitaire dans tout le pays (Batangafo, Kaga-Bandoro, Bangassou, Zemio, Bria…) et empêche les populations victimes d’accéder à l’aide.

 

« Nous sommes conscients de la nécessité de notre présence au côté des populations vulnérables, mais nous avons été forcés de prendre des mesures pour la protection de notre personnel » regrettent encore une fois les chefs de mission des ONG concernées. « La sécurité des travailleurs humanitaires est primordiale pour pouvoir venir en aide aux populations civiles dans le besoin. Nous appelons tous les acteurs à rétablir le calme et à respecter le caractère civil et humanitaire des sites de personnes déplacées et l’impartialité des acteurs humanitaires dans l’exercice de leur travail. »

 

La suspension des activités ne signifie aucunement un retrait des humanitaires.  Il s’agit de mesures préventives. Le souhait des acteurs humanitaires est de voir la reprise totale de leurs activités le plus rapidement possible.

 

Le CCO :

  • Rappelle à toutes les parties leur obligation de protéger les populations civiles et leurs moyens de subsistance ;
  • Appelle les groupes armés à s’engager dans le dialogue pour réduire la violence, lutter contre l’impunité et trouver une solution pacifique à la crise;
  • Appelle toutes les parties à garantir un accès sécurisé des civils aux secours d’urgence et aux services sociaux de base ainsi que celui des acteurs humanitaires à tous les groupes vulnérables ;
  • Rappelle l’obligation de respecter le caractère civil et inviolable des infrastructures d’aide comme les hôpitaux et les installations humanitaires, comme le stipule le Droit International Humanitaire.

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Note à la presse

La crise humanitaire en République centrafricaine est complexe et multiforme, caractérisée par de multiples conflits qui rendent la situation extrêmement volatile et imprévisible. Il convient de signaler qu’en RCA, depuis le début de l’année, le nombre de personnes déplacées est passé de 402 000 en janvier à plus de 600 000 en Aout 2017. Soit une augmentation de 40% en six mois. La violence affecte actuellement des zones qui étaient considérées calmes, tandis que dans d’autres régions, le status-quo reste extrêmement fragile. Les civils paient le prix de cette violence: un citoyen centrafricain sur quatre est soit réfugié à l’extérieur du pays, soit déplacé à l’intérieur du pays.

 

Le Comité de Coordination des Organisations Non Gouvernementales Internationales en République Centrafricaine regroupe 52 ONG qui fournissent plus de 90% de l’aide humanitaire dans le pays.

 

Pour plus d’information et entretien contacter :

Duccio STADERINI, Coordinateur du CCO

Tel.: (+236) 72.55.34.12

Email : coordinateurcco.rca@gmail.com